PLAISIR D'AMOUR

  • France
  • 1991
  • 102 min
  • VF
  • Tout Public
  • Comédie
  • Drame
  • Synopsis

Avec son premier film, La Fiancée du Pirate (1969), Nelly Kaplan reçoit le surnom de « flibustière du cinéma français ». Incroyablement libre, elle a côtoyé les surréalistes, le réalisateur Abel Gance, l'archiviste et cinéphile Henri Langlois… Que ce soit pour La Fiancée du Pirate ou Plaisir d’Amour, elle réalise des films à l’humour féroce, où la guerre des sexes se transforme en une vaste farce.

Synopsis : Contraint de s'exiler sur l'île d'Anatha, le précepteur Guillaume de Burlador devient l'objet d'adoration de trois belles femmes, qu'il séduira les unes après les autres. Il devient alors le Don Juan de l'île, dans ce jeu de séduction… et de dupes.

  • Notre avis

Surtout connue pour son premier film “La Fiancée du pirate” (1969), la cinéaste-corsaire Nelly Kaplan, disparue en 2020, partait à l’abordage du mythe de Don Juan – qu’elle pulvérisait doucement mais sûrement – dans “Plaisir d’amour”, sorti en 1991. Guillaume de Burlador (joué par Pierre Arditi), lointain descendant de Don Juan (duquel il a de qui tenir dans sa goujaterie avec les femmes), doit s’exiler sur l’île d’Anatha où il est attendu pour servir de précepteur à une jeune fille, Flo. Mais arrivé sur cette terre paradisiaque, il ne trouve que la grand-mère Do (Françoise Fabian) et ses deux filles, Clo (Dominique Blanc) et Jo (Cécile Sanz de Alba). Alors que Guillaume attend indéfiniment l’arrivée de sa jeune élève, retenue à l’étranger, les trois femmes vont lui faire vivre un sacré purgatoire, en le cuisinant à petit feu et en jouant avec sa patience.

Avec une malice féroce, Nelly Kaplan réalise une sorte de “Théorème” (1968) inversé. Dans ce film de Pasolini, un bel éphèbe séduisait tous les membres d’une même famille, faisant voler toutes les conventions ; ici c’est bien cette famille de femmes qui envoûte et dupe le séducteur, qui ne comprend plus ce qu’il fait là, ni à quoi il sert. C’est alors avec gourmandise que la cinéaste observe cet homme sûr de lui et arrogant subir sa crise de la masculinité - un thème plutôt audacieux pour le début des années 1990. On goûte aussi ce “Plaisir d’amour” pour l’espièglerie que distillent les géniales Dominique Blanc et Françoise Fabian, très à l’aise dans le registre de la farce.

– Quentin Grosset, journaliste, TROISCOULEURS

  • Derrière la caméra

Avec son premier film, “La Fiancée du Pirate” (1969), l’écrivaine et cinéaste française Nelly Kaplan reçoit le surnom de « flibustière du cinéma français ». Née en 1931 à Buenos Aires, elle débarque au début des années 1950 à Paris où l'archiviste et cinéphile Henri Langlois la prend sous son aile. Elle fréquente les surréalistes, apprend le montage auprès du réalisateur Abel Gance auquel elle consacrera le documentaire “Abel Gance et son Napoléon” en 1984. Critique et autrice de plusieurs essais sur le cinéma, elle participe à la création de la Semaine de la critique cannoise en 1962. Incroyablement libre, elle a réalisé des films à l’humour féroce, où la guerre des sexes se transforme en une vaste farce.