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Antoine et Colette

de François Truffaut

À propos de ce programme

C’est en terminant « Jules et Jim » que François Truffaut se voit proposer de réaliser un court métrage, sur le thème de « L’amour à 20 ans », aux côtés de Shintaro Ishihara, Marcel Ophüls, Renzo Rossellini et Andrzej Wajda. Il saute sur l’occasion pour donner une nouvelle destinée au jeune Doisnel, personnage de son premier film « Les 400 Coups ». Le garçon a maintenant 17 ans. Préparez-vous à avoir le coeur brisé.

À l'affiche

  • Jean-Pierre LéaudAntoine Doinel
  • Marie-France PisierColette

Autour du film

Un court initiatique, une déception amoureuse en musique

Quand il reçoit la première lettre de celle qu’il aime, Antoine augmente le volume de son tourne disques. Antoine et Colette, qui dans la célèbre saga Doinel fait la transition entre Les 400 coups (1959) et Baisers volés (1968), suit les mésaventures amoureuses de son protagoniste exalté à coups de mélodies qui l’inspirent ou l’aiguillonnent. Juste après avoir réalisé Jules et Jim, François Truffaut retrouve Doinel à l’occasion du film à sketchs L’amour à 20 ans (qui réunit aussi les films d’Andrzej Wajda, Renzo Rosselini…), une commande, et conserve l’esprit spontané de la mélopée « Le Tourbillon de la vie » chanté par Jeanne Moreau dans son précédent long métrage, soit une attitude lyrique face à la vie et l’amour, appréhendés dans un tempo intense et pas forcément harmonieux.

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Vivant d’un petit boulot (le premier d’une longue série pour Doinel) dans une maison de disques, le jeune homme mutin et désormais indépendant vit sa bohème parisienne de manière un peu anachronique : quand les ados des sixties squattent les juke-box des cafés parisiens, il affiche sur les murs de sa chambre d’hôtel place de Clichy des portraits de musiciens classiques et semble en tirer une certaine hauteur qui pourrait lui donner un air arrogant s’il n’était pas aussi doux et gaffeur.

Fréquentant les « Jeunesses de musicales de France », un club de mélomanes, il rencontre Colette (Marie-France Pisier), jeune fille qui habite son quartier, lors d’un concert saisi par Truffaut comme un ballet à la dramaturgie ultra réglée, où le rythme saccadé du montage, mais aussi chaque geste, chaque œillade entre Antoine et Colette répondent aux notes en crescendo de la symphonie à laquelle les deux ados ne prêtent pas grande attention. Malheureusement pour Antoine, Colette se désintéressera vite de lui, préférant la musique des surprises parties à ses sérénades de gamin gouailleur qui commence à muer dans une singulière musicalité perchée. Avec émotion, on reconnaît d’ailleurs vaguement le timbre décalé et fantasque d’un des plus grands acteurs français, Jean Pierre Léaud, qui cherche encore et trouve presque sa voix d’acteur.

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