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agnès b.

Entretien avec Agnès Troublé, alias agnès b.
Propos recueillis par Lubna Playoust

Qu’est-ce qui vous a donné envie de passer derrière la caméra ? 

Ça fait 40 ans que je fais de la photographie avec mon Nikon et 20 ans que je me balade avec ma petite caméra Sony. Je ne suis pas passée derrière une caméra, je l’ai prise dans mon sac et j’ai filmé des moments, tout le temps, des trucs avec des amis artistes. Et je continue puisque mes photos sont aussi sur mes vêtements. 

Comment avez-vous abordé ce tournage ?

D’abord, j’ai écrit le scénario comme une nouvelle. Je l’ai écrit à Port-Navalo en Bretagne, en juillet, comme un besoin, en deux jours. L’histoire de cette petite fille abusée par son père qui se sauve à l’occasion d’une classe de nature. C’est un road movie avec des musiques magnifiques, que j’adore. Et j’adore la voiture, j’étais toujours à l’avant avec mon père et je crois que le premier film que j’ai vu dans ma vie, c’était la route.

C’est un film fort et une vraie curiosité. En le regardant, on pense à Marguerite Duras et son Camion, mais aussi à Dennis Hopper et Out of the Blue ou encore Wim Wenders avec Alice dans les villes. Quelles ont été vos inspirations ? 

J’ai énormément aimé Alice dans les villesLe Camion de Marguerite Duras, je ne l’ai jamais vu. J’avais surtout une inspiration, c’était La Nuit du chasseur, seul film réalisé par l’acteur anglais Charles Laughton. Je me suis dit : « Il était acteur et il a fait un seul film ; moi je suis styliste et je ferai peut-être un seul film. » Il m’a donné du courage.

Quel souvenir gardez-vous du tournage ?

Ce qui était magique, c’est quand on a construit cette maison étouffante dans lequel elle vit. Un décor qu’on a construit avec Thomas Kertudo un copain que j’adore qui a beaucoup de goût. La petite fille qui joue l’héroïne est extraordinaire, Lou Lélia Demerliac. Douglas Gordon, qui joue le camionneur. Pendant le tournage je n’ai pas eu un siège pour m’assoir pendant les trois semaines dans le sud dans les Landes. On arrivait dans des hôtels où les draps étaient tellement humides à cause de la mer, et on repartait. C’était on the road aussi le tournage. Mais je voyais exister sous mes yeux ce que j’avais imaginé avec des acteurs merveilleux. Tout à coup ça prenait vie dans les décors choisis, tout était au cordeau, tout était très précis. Et les acteurs Jacques Bonaffé, Sylvie Testud, Lou et Douglas… C’était merveilleux, tout à coup je voyais arriver mes images, tout simplement. Le camion rouge et le ciel bleu. 

Avez-vous d’autres projets cinématographiques ?

Je filme mes défilés, dans mon bureau, là où je crée. Je filme les mannequins qui sortent de la cabine. Ces films sont visibles sur le site de Agnès b.     

Quelle est la dernière curiosité que vous ayez vue ?

Un film formidable à la télévision sur Frantz Fanon (essayiste fortement impliqué dans la lutte pour l’indépendance de l’Algérie et figure majeure de l’anticolonialisme dans les années 1950-60, ndlr). Il venait de la Martinique et a été envoyé comme prof en Algérie, dans une école publique. Il a vu comment le peuple était opprimé et n’avait pas les mêmes droits que l’occupant français. Il s’est tourné du côté du peuple algérien et a été une sorte d’inspiration quand le FLN s’est constitué.

En collaboration avec La Fab.

Lire l'entretien "Agnès B., quelle cinéphile es-tu ?" sur Trois Couleurs

agnès b. © Kazou Ohishi

Je m'appelle hmmm...

de agnès b.

Une fiction, la fugue d’une fillette de 11 ans, aînée de 3 enfants, la mère absente, le père prédateur, la grand-mère trop pure pour imaginer ce qui se passe. Classe de nature la fillette disparaît… Elle est montée dans un camion ; un road movie du merveilleux au tragique en compagnie d’un routier écossais, un voyage initiatique, des rencontres «où l’amour se pose».

En collaboration avec La Fab

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