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Céline Devaux

A l’occasion de la sortie en salles de Tout le monde aime Jeanne, Curiosity invite Céline Devaux et met à l’honneur deux ses précédents excellents films d’animation : Vie et Mort de l'illustre Grigori Efimovitch Raspoutine (Prix du meilleur film d’animation francophone en 2013 à Clermont Ferrand) et Le repas dominical (César du meilleur court-métrage d'animation en 2016).

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Dans Le repas dominical et dans Vie et Mort de l'illustre Grigori Efimovitch Raspoutine, la narration est assurée par une voix off. Pourquoi ce choix, et comment avez-vous travaillé avec les acteurs Vincent Macaigne et Yves Dufournier pour les interpréter ?


J'aime les histoires racontées. La voix off, procédé très classique, offre de multiples possibilités d'être réinventée : elle peut devenir une véritable pièce sonore qui permet de naviguer entre différents personnages, temporalités, etc. Raspoutine était écrit en (presque) alexandrins, nous avions choisi une interprétation très classique avec Yves Dufournier, qui donnait l'impression que l'histoire était traditionnelle alors qu'elle ne l'était ni dans le ton ni dans les images. Pour Le Repas Dominical, Vincent Macaigne a déployé une inventivité inouïe : il a décidé d'interpréter tous les personnages de la famille, en évacuant le ton "narratif". Cela a permis un montage sonore très dynamique.

Comme sur tous vos projets depuis How to make a movie for an Abbey (2011) Flavien Berger signera la bande-originale de votre premier long-métrage, Tout le monde aime Jeanne, en salle le 7 septembre. Pouvez-vous nous parler de cette collaboration ?

Flavien et moi nous sommes rencontrés pendant nos études, cela fait donc plus de dix ans que nous collaborons. Il m'a suivi sur tous mes projets, même les plus petits. Flavien a une approche littéraire, cinématographique de la musique - en tout cas c'est comme ça que je l'entends. Il a une force évocatrice formidable. Il est toujours une des premières personnes à qui je parle d'une idée de film. Et il travaille très en amont - c'est presque une écriture de l'histoire - la musique permet de se débarrasser d'une lourdeur dans le dialogue, ou d'une scène trop explicative. C'est la puissance narrative de la musique de cinéma.

Comment en êtes-vous venue à vous intéresser à la figure de Raspoutine ?


J'ai réalisé ce film pour mon diplôme de l'École de Arts Décoratifs de Paris. J'avais du mal à trouver un sujet et je me lançais dans des projets qui ne me ressemblaient pas. J'ai fini par me demander ce qui me passionnait vraiment dans la vie, l'histoire que j'aurais envie de raconter à un ami. Je m'intéressais aux escrocs, aux menteurs qui ont eu des vies extraordinaires. Quand j'ai lu celle de Raspoutine je m'y suis mise tout de suite. C'était un personnage qui permettait de parler de politique, de religion, de crédulité. Il était le révélateur de toute une société malade, d'une fin de règne. Et son refus de mourir malgré les multiples tentatives d'assassinat dont il est l'objet était vraiment "stranger than fiction" !

Le repas dominical
évoque un sujet douloureux – les relations familiales et les souffrances qu’elles peuvent générer –, mais le fait avec beaucoup d’humour. Était-il pour vous essentiel que ce film soit drôle ?


On peut évoquer beaucoup de sujets douloureux avec le cinéma, la vie en est faite. Quand on se lance, on cherche à rétablir la vérité au  maximum. Au final, en cherchant vraiment, je me suis rendue compte que les situations les plus difficiles étaient souvent celles qui occasionnaient l'humour le plus puissant. C'est le syndrome "fou rire à l'enterrement". Finalement, c'était plus réaliste de raconter une situation difficile en passant par l'humour que par le tragique. Ou peut-être que je ne peux juste pas m'empêcher de coller des blagues un peu partout, parce que je vis l'humour comme un salut quotidien.

Pour terminer, pouvez-vous nous dire quelle est la dernière curiosité que vous avez vue ?


Les oeuvres de la peintre Laure Wauters. Elle peint des scènes du quotidien en négatif, et c'est en utilisant l'appareil photo de notre téléphone portable, couleurs inversées, que les vraies couleurs apparaissent. C'est très contemporain et très intime, ça exprime cette idée de moment qu'on n'arrive pas à vivre sans vouloir l'immortaliser en le prenant en photo.

Le repas dominical, disponible gratuitement du 08/09 au 22/09
Vie et Mort de l'illustre Grigori Efimovitch Raspoutine, disponible gratuitement du 15/09 au 22/09.

Le repas dominical

de Céline Devaux

Ce film n'est plus disponible depuis le Jeudi 22 Septembre 2022. C'est dimanche. Au cours du repas, Jean observe les membres de sa famille. On lui pose des questions sans écouter les réponses, on lui donne des conseils sans les suivre, on le caresse et on le gifle, c'est normal, c'est le repas dominical.

En partenariat avec Sacrebleu Productions

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Vie et mort de l'illustre Grigori Efimovitch Raspoutine

de Céline Devaux

Ce film n'est plus disponible depuis le Jeudi 22 Septembre 2022. Raspoutine est grand. Raspoutine est sale. Raspoutine est rusé. À la cour des Romanov, en 1907, on l'a-dore. Ça va mal se terminer.

En partenariat avec Sacrebleu Productions

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