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Charlotte Le Bon

À l’occasion de la sortie en salles du film Falcon Lake ce mercredi 7 décembre, mk2 Curiosity invite Charlotte Le Bon. La cinéaste nous parle de son court-métrage Judith Hôtel disponible sur notre plateforme jusqu’au 15 décembre et évoque le plaisir de cinéma qu'elle ressent lorsqu'elle est derrière la caméra.

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Judith Hôtel
, tourné en 2018, est au croisement d’un The Lobster (2015) de Yórgos Lánthimos et d’un Taipei Suicide Story (2020) de KEFF. Quels ont été vos inspirations pour ce court-métrage ?


Judith Hôtel a été inspiré par un rêve que j’ai fait, quelques années avant la sortie de The Lobster. Le rêve avait été noté dans un carnet que j’avais oublié dans un coin de ma bibliothèque, redécouvert au moment de l’écriture. Dans mon rêve, je louais une chambre dans un hôtel très prisé. Le concept de l’hôtel était que pour avoir accès à sa réservation, on devait se débarrasser d’un corps qui était dans notre chambre.

Le septième art, dans son histoire, a souvent filmé les hôtels. Pour quelle raison selon vous ?


Probablement parce que c’est un espace où énormément d’âmes passent. Ce sont des lieux où des solitudes se côtoient et se succèdent. Chaque chambre possède un potentiel d’histoires différentes, encadrées dans un espace avec des règles. Les digressions possibles sont donc sans limites.

Vous êtes actrice et réalisatrice : devant ou derrière la caméra, le plaisir de cinéma est-il le même ?

Le métier d’acteur est, pour moi, un travail beaucoup plus passif. L’acteur est un élément qui aide à raconter une histoire. La réalisation, elle, demande de tout créer. Pour moi, le plaisir réside davantage dans la création que dans le jeu.

Dans Falcon Lake, vous filmez les tâtonnements de deux adolescents, un été, autour d’un lac du Québec. Comment l’idée de mettre en scène un récit initiatique vous est-elle venue ?

J’étais sur les bancs de montage de mon court-métrage Judith Hôtel lorsque Jalil Lespert, avec qui j’ai travaillé en tant qu’actrice, m’a tendu la bd « Une Sœur » de Bastien Vivès. Il m’a dit « Lis ça, je pense que ça pourrait faire un bon premier long-métrage ». Je l’ai lue dans la foulée et j’ai immédiatement accepté. Même si je ne suis pas particulièrement fan du genre « récit initiatique », j’ai senti qu’il était possible de l’amener ailleurs et d’y ajouter des éléments étranges qui flirtent avec le cinéma d’horreur.

Pour terminer, pouvez-vous nous dire quelle est la dernière curiosité que vous avez vue ?

La cathédrale asymétrique de Notre-Dame de Strasbourg. Je suis fascinée par le temps que les gens s’octroyaient à l'époque pour ériger des monuments. Ils commençaient ou poursuivaient les chantiers en sachant qu’ils n’y verraient jamais la fin. Cette abnégation m’épate. J’ai l’impression qu’elle serait impensable aujourd’hui.

Falcon Lake, en salles depuis le 7 décembre

Judith Hôtel

de Charlotte Le Bon

M.A.J. : Ce film n'est plus disponible depuis le 15/12.

En collaboration avec Tandem Films

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