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Lukas Dhont

À l’occasion de la sortie en salles du film Close cette semaine, mk2 Curiosity invite Lukas Dhont. L’auteur belge nous parle de son court-métrage Corps perdu, disponible sur notre plateforme jusqu’au 10 novembre, et évoque sa passion pour la danse ainsi que son intérêt pour le thème de l’adolescence.

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Dans Girl comme dans Corps perdu, vous vous intéressez au monde de la danse. Qu’est-ce qui vous fascine dans ce thème ?

La danse est très importante dans ma vie. D’abord pour une raison personnelle : je voulais devenir danseur avant de devenir réalisateur. C’était mon premier rêve. Il a cessé à l’âge de douze ans, lorsque j’ai compris que mes manières étaient vues comme trop efféminées. A l’époque, je n’avais pas le courage de dire “je m’en fous”. Je sentais la force du groupe, je voulais être comme tous les autres garçons. Je me suis alors accroché au rêve de devenir cinéaste. Toutefois, la danse reste peut-être l’art qui me touche le plus. Les spectacles de danse me donnent le sentiment d’être vivant. Aujourd’hui, j’ai compris que je pouvais intégrer la danse dans le cinéma. Je vois la caméra comme un danseur. C’est dans cette optique que je regarde la caméra et que j’envisage l’écriture. J’écris plus comme un chorégraphe que comme un scénariste, c'est-à-dire que j’essaie d’écrire des intentions de mouvement plutôt que d’expliquer des choses à travers des dialogues. Pour moi, le cinéma est quelque chose de très corporel.

Autre motif central dans vos films, « l’adolescence » : qu’est-ce qui vous intéresse dans cet âge ?


L’adolescence m’intéresse beaucoup. A cet âge, je n’arrivais pas à communiquer et à m’exprimer. Le cinéma m'a permis de me libérer de ça. Mais je trouve que c’est une très belle période, car tu découvres les choses pour la première fois. Tu es alors profondément en relation avec le monde. Ça m'intéresse de parler de ce moment où tout est en mouvement. Close évoque cette période charnière entre l’enfance et l’adolescence.

Quels sont les films ou les cinéastes qui vous inspirent ?


Andrea Arnold, Chantal Akerman, Céline Sciamma, Robin Campillo, Xavier Dolan ou encore Yórgos Lánthimos. Pour Close, je suis allé voir des films parlant de garçons qui grandissent : Les quatre cents coups de Truffaut, L’enfance nue de Pialat, Ratcatcher de Lynne Ramsay, L’incompris de Comencini, Le Gamin au vélo des frères Dardenne, …

Quelle est la genèse de votre dernier film Close ? Comment l’avez-vous construit ?


Le livre Deep Secrets d’une psychologue américaine nommée Niobe Way a été très important. Elle a suivi 150 garçons entre 13 et 18 ans. A l’âge de 13 ans, elle leur demande de parler de leurs amis. Ils évoquent alors ces derniers avec beaucoup de tendresse. A l’âge de 18 ans, elle leur pose la même question. A ce moment, les garçons n’utilisent plus le même vocabulaire, comme s' ils avaient appris qu’il ne devaient plus exprimer leurs émotions. Ce livre a résonné en moi. Jeune, j’ai senti à un moment qu’exprimer mes émotions n’était plus ce qui était attendu. En découvrant ce livre, j’ai su que je voulais faire un film sur l’amitié entre deux jeunes garçons.

Pour terminer, pouvez-vous nous dire quelle est la dernière curiosité que vous avez vue ?


Je suis fasciné par La Horde. Je suis allé voir A room with a view, qui est un spectacle créé avec Rone, et j’ai été bouleversé. Je trouve que ce qu’ils ont créé est super intéressant. Je sais qu’ils ont un nouveau spectacle qui est joué à Chaillot et j’ai très hâte d’aller le voir.

Corps Perdu

de Lukas Dhont

À la veille d’une compétition, un jeune danseur de ballet nommé Miller se retrouve seul dans un hôtel. Alors qu’il s’apprête à passer une nuit calme pour se reposer, un homme en fuite s’engouffre dans sa chambre. D’abord menaçant, celui-ci se calme et devient de plus en plus amical. De cette étrange rencontre, une relation singulière naît entre les deux hommes.

En collaboration avec Diaphana

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