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Mikhaël Hers

Curiosity invite Mikhaël Hers à l’occasion de la sortie en salles de Les Passagers de la nuit (le 4 mai 2022). 


Elisabeth vient d’être quittée par son mari et doit assurer le quotidien de ses deux adolescents, Matthias et Judith. Elle trouve un emploi dans une émission de radio de nuit, où elle fait la connaissance de Talulah, jeune fille désœuvrée qu’elle prend sous son aile… Après trois long-métrages réalisés au plus proche de son époque et de ses paysages, Mickael Hers explore la période de son enfance : Paris, les années 80, dans un quartier qu’il n’a jamais filmé: les tours du quinzième arrondissement. 

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Dans vos films, couleurs et sensations sont toujours intimement liées. Comment l’expliquez-vous ? 

 

Je veux avant tout faire des films sensoriels et impressionnistes, que l'on puisse aborder simplement, comme on le ferait avec une chanson. Ca passe par le travail sur les couleurs, le travail sur la pellicule et la tessiture de l'image, mais surtout par un travail sur le rythme, trouver un mouvement du film qui puisse épouser le mouvement de la vie, avec ses digressions, ses hésitations et ses moments plus saillants. Comme une mélodie donc...

 

Alors que vos précédents films se focalisaient sur les débuts de l’âge adulte, Les Passagers de la nuit convoque le motif de l’adolescence. Pourquoi ?

 

Parce que je voulais revenir à cet âge des possibles, qui fut pour moi un moment de flottement assez vertigineux. Lorsque l'on n'est pas happé par une vocation ou prédestiné à un métier concret, la vie peut paraître un peu désarmante. J'ai eu très tôt l'intuition que le salut passerait par la rencontre amoureuse et le cinéma, mais je ne m'autorisais pas à l'envisager sérieusement, je n'y connaissais rien et je ne connaissais personne dans ce milieu.  C'était comme une promesse abstraite qui, je l'espérais secrètement, m'attendait quelque part. J'étais encore plus flottant que le personnage de Mathias dans le film, qui lui, a un rapport concret à l'écriture.

 

Plus encore que dans vos autres films, l’onirisme domine la mise en scène de Primrose Hill. Comment ce film s’inscrit-il dans votre parcours ?

 

C'est un film qui, malgré toutes ses maladresses, m'a libéré. Mon premier moyen métrage était une adaptation d'un chapitre de roman de Patrick Modiano. C'était un film très formel et cadenassé, assez loin de moi, à plein d'égards. Avec Primrose Hill, je me suis autorisé à partir d'un matériau plus personnel, plus intime. Et à commencer à essayer de donner une forme de "sur-réalité" et poésie à des discussions et des actions très triviales et quotidiennes. 

 

Primrose Hill est ancré dans un espace, évoqué dès le titre du film. Pourriez-vous décrire le personnage incarné par cet espace ? 

 

C'est une sorte de paradis perdu, un moment que l'on tente de préserver coûte que coûte de l'oubli... Lui donner un semblant d'éternité. Ce lieu incarne ce moment, comme une épiphanie dans la vie de ce groupe d'amis et notamment dans le regard du personnage principal et de la narratrice disparue. Un moment d'insouciance où tout semblait encore possible. 

 

Pour terminer, pouvez-vous nous dire quelle est la dernière curiosité que vous ayez vue ?

 

Looking for Mr Goodbar, film de Richard Brooks, de 1977, une vraie curiosité pour le coup…

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