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Nicolas Peduzzi

Curiosity invite Nicolas Peduzzi à l’occasion de la sortie en salles de Ghost Song (le 27 avril 2022). 

Houston, Texas. Alexandra, Will et Nate se débattent pour survivre dans une ville qui dévore les gens comme les rêves. Ex-cheffe de gang ou gosses de riches reniés, chacun affronte ses démons tandis qu'un ouragan approche. Ghost Song, c'est la promesse d'un nouvel élan de vie, entre musique, hallucinations et espoirs de rédemption.

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Vous avez été jury du festival international de films sur la musique. Pouvez-vous nous parler du paysage sonore de Ghost Song ?

J’ai été introduit à la musique de Houston par le biais du Hip Hop que j’écoutais beaucoup, et aussi grâce aux personnages principaux de mon premier film qui sont musiciens. Ce sont eux qui m’ont fait découvrir la scène du DJ-Screw de Houston, qui est née dans les 90’s et qui a été portée par DJ-Screw. Il a influencé énormément de rappeurs d’aujourd’hui, c’est un hip-hop très indépendant avec un rythme très lent (ralenti 5 fois). C’est un peu à la lisière du jazz, et c’est censé reproduire l’effet de la codéine, qui est un produit auquel beaucoup de gens sont accros là-bas. Il y avait des lois très répressives contre les drogues à Houston, et les gens se sont rabattus sur ce genre de médicaments.

Et puis il y a aussi beaucoup d’influences de blues et de country. Au montage, c’était important pour moi d’appuyer le côté tragique de la destinée des personnages avec celles des opéras classiques, ça m’amusait de souligner le dialogue qu’il peut y avoir entre le rap et l’opéra. C’est pour ça qu’il y a des morceaux de Verdi qui ponctuent aussi le film.

Vous êtes particulièrement attentif à la symbolique des espaces urbains, qui semblent exister tout autant que vos personnages. Pourquoi ?


Effectivement, la ville de Houston est le point de départ de ce film car c’est une ville du sud des US, avec son histoire particulièrement violente, où les fantômes de la ségrégation sont encore présents. C’est aussi une ville très conservatrice, marquée par une urbanisation qui divise beaucoup les quartiers et les classes sociales. Houston est sillonnée et surplombée par un nombre infini d’autoroutes, qui à la fois sépare les catégories sociales mais qui est aussi le seul endroit où il se croisent (car ils circulent tous !).

C’est aussi une ville qui est d’une chaleur accablante l’été, et sur la ligne des ouragans.
Tous ces éléments résonnaient avec la créativité des personnages du film, leur côté inclassable ou irrécupérable. C’est comme s’ils étaient des pièces rapportées dans cette ville très républicaine qui les rejette. 

Vous avez étudié le théâtre à New York et joué dans plusieurs pièces depuis. Quelle a été l’influence de cette expérience sur votre métier de réalisateur ?


Question difficile ! Peut-être qu’il y a quelque chose dans la façon de mettre en scène le réel et dans l’importance de faire surgir des émotions instantanées. Les personnes que je décide de filmer ont aussi toutes un côté théâtral, et je trouve que finalement le théâtre et le film documentaire partagent beaucoup de choses.  Quand tu vois Will et BloodBath, ils jouent une sur-représentation d’eux-mêmes, ils ont conscience de devenir des personnages à travers la caméra que je porte sur eux.

Dans Death on the Basketball Court comme dans Ghost Song, l’enfance semble être une utopie sans cesse dégradée par le monde des adultes. C’est un thème qui vous est cher ?


Oui tout à fait. C’est sûrement quelque chose qui relève de l’inconscient, mais quand je cherche mon film, il s’écrit au fur et à mesure du temps que je passe avec les personnes. C’est une sujet qui me touche profondément : l’éruption de la violence dans le monde enfantin, dans la pureté de l’enfance. Et ce qui m’intéresse, c’est cette fracture et les traces qu’elle laisse. Comme le dit OMB au début du film, elle a perdu son innocence à la mort d’un de ses amis.

Pour terminer, pouvez-vous nous dire quelle est la dernière curiosité que vous ayez vue ?


J’ai vu un film au FAME festival, qui s’appelle HARD CŒUR du groupe de musiciens Casual Gabberz. C’est un film inclassable, qui ne ressemble à rien de ce que j’ai pu voir avant… Sensoriel, très musical, avec un son incroyable. J’ai été totalement hypnotisé !

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