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Philippe Faucon

A l’occasion de la sortie en salles du film Les Harkis mercredi 12 octobre, Curiosity invite Philippe Faucon. L’auteur nous parle de son court-métrage Making Off, disponible sur notre plateforme jusqu’au 13 octobre, et évoque son rapport à la guerre d’Algérie, sujet de son dernier long-métrage .

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Dans Making-off, vous saisissez les tensions, la naïveté, mais aussi la beauté d’un tournage amateur. Quelle était votre motivation première au moment de réaliser ce projet ?


Justement de revenir avec amusement, attachement et fascination sur ces moments que j’ai tellement pratiqués, où l’on essaie de capturer de l’insaisissable, du fugace (la grâce ou la vérité d’un moment de jeu) avec les contraintes et la précision qu’imposent les exigences techniques. Le cinéma, c’est un art à plusieurs intervenants, où les différentes participations techniques, mais aussi celles du jeu, doivent se rencontrer, entrer en accord, quelquefois dans un espace-temps qui n’est pas simple !

Dans Les Harkis comme dans l’un de vos précédents films, La Trahison, vous abordez la guerre d’Algérie. Que représente pour vous cette période de l’histoire ?


Elle a quelque chose d’originel, qui sans doute s’est insinuée dans la suite de ma vie. Je suis né à ce moment-là et j’ai souvent perçu combien les meurtrissures laissées par la guerre sont restées, longtemps après qu’elle se soit terminée, chez tous les gens qui l’avaient vécue. Et qu’elle avait profondément marqués par sa violence.

Au moment de réaliser ce film et d’aborder ces enjeux, quelles ont été vos références cinématographiques ?


Toujours les mêmes, je n’en ai pas trouvé d’autres ou suis un peu monomaniaque : « Les Notes sur le cinématographe » de Bresson. Et j’avais bien compris que ça ne pouvait pas être Coppola ou Kubrick, sachant que je disposais de 750 fois moins d’argent.

Pour terminer, pouvez-vous nous dire quelle est la dernière curiosité que vous avez vue ?


Le terme de « curiosité » ne conviendra pas. Disons plutôt « expérience rare, voire unique, de cinéma direct ». J’ai vu « La bataille du Chili » de Patricio Guzman. L’auteur a filmé pendant neuf mois une tentative de transformation d’une société, les espoirs, les effervescences, les visages de ceux qui la portent et la défendent. Mais aussi les forces à l’œuvre qui la combattent, les paroles et les masques de ceux qui la rejettent. Et ce jusqu’à la fin tragique que l’on connaît, le coup d’État du 11 septembre 1973. À la différence d’un montage d’archives rassemblées a postériori, le film est donc particulier par le fait d’avoir été « porté » et intégralement tourné par la même équipe, en prise directe avec un épisode de dimension historique, au moment où les événements ont lieu. Et c’est souvent bouleversant.

Making Off

de Philippe Faucon

Dans ce making-off en trompe-l'œil, Philippe Faucon retranscrit avec humour et tendresse la beauté et la naïveté d’un tournage amateur. L’auteur, qui filme l’apparition de tensions sur le plateau, rend aussi et peut-être surtout hommage au courage de ceux qui réalisent.

En collaboration avec Pyramide Films

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