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Tom Haugomat

Entretien avec Tom Haugomat
Propos recueillis par Lubna Playoust

Comment avez-vous abordé ce travail autour des cinq films de la saga Antoine Doinel ? Quel était votre lien avec ce cinéaste ?

J'ai commencé par revoir les cinq films ! Puis j'ai dessiné tout ce qui me passait par la tête, les bateaux télécommandés de Domicile conjugal, la photo déchirée dans L'Amour en fuite... Nous avons finalement décidé de garder Antoine Doinel comme élément central de chaque affiche. Après avoir fait des croquis sur tablette, j'ai eu envie de réaliser les affiches à la peinture. C'est la première fois que je faisais d'aussi grands formats en technique traditionnelle.
Les Quatre cents coups est un film qui a profondément marqué mon enfance. J'ai dû le voir à huit ou neuf ans, c'était à la fois grisant et très angoissant de voir cet enfant évoluer dans Paris sans cadre. La fin du film me collait des frissons. Je me souviens même avoir essayé de rejouer le thème musical de Jean Constantin sur un mini synthétiseur.
J'ai découvert les autres films lorsque j'étais étudiant en cinéma d'animation à l'école des Gobelins, je me souviens y avoir été très sensible. En les revoyant aujourd'hui, je me rends compte que la série Doinel a vraiment influencé mon travail, on le sent particulièrement dans mon livre À Travers qui retrace la vie d'un homme, année après année.

Vous avez un vrai sens du rythme et de la narration, que l’on peut découvrir par exemple dans votre court métrage Nuisible cette semaine. A quand le long ?

Pour le moment, je n'ai pas envie de me lancer seul dans la réalisation d'un long métrage. Mais c'est vrai qu'après avoir travaillé dix ans presque exclusivement dans l'illustration, je me rends compte que l'image en mouvement, et surtout le travail du son me manquent pas mal. Je partage un atelier avec mon ex co-réalisateur, Bruno Mangyoku, également devenu illustrateur, donc il n'est pas exclu qu'on revienne vers l'animation un de ces jours !

Quelle est la dernière curiosité que vous ayez-vu ?

Je me suis un peu intéressé à la nouvelle vague Taïwanaise récemment, et notamment aux films de Hou Hsiao-Hsien. Je vous conseille Un temps pour vivre, un temps pour mourir qui résonne particulièrement avec la série Doinel.

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Né en 1985, Tom Haugomat s’intéresse rapidement au dessin et à son potentiel narratif. Après des études d’histoire de l’art, il entre à l’école des Gobelins et se passionne pour l’animation. Avec Bruno Mangyoku, il coréalise le poétique court-métrage Jean-François (Arte, 2009) puis Nuisible (2013) qui puise son inspiration dans l’architecture de la Cité radieuse à Marseille, où son style minimaliste se déploie en grands aplats colorés.

En 2021, à l'occasion de la ressortie du cycle Antoine Doinel en version restaurée, il réinterprète les affiches des films et propose sa vision de ce personnage rêveur et touchant.

Jean-François

de Tom Haugomat et Bruno Mangyoku

Jean-François est un champion de natation reconnu et consacré. Le bonheur lui tend les bras, mais il en va autrement. La nostalgie le hante, celle des souvenirs de son enfance en bord de mer.
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Nuisible

de Tom Haugomat et Bruno Mangyoku

Klaus, 10 ans, vit dans une cite méridionale avec ses deux parents. Solitaire et passionné d'entomologie, son univers va être perturbé par l'arrivée d'une créature inconnue et encombrante... Un film sensible et onirique sur le deuil de la place privilégiée de l'enfant unique.
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Antoine Doinel : les nouvelles affiches

de Tom Haugomat

Découvrez les nouvelles affiches du cycle Antoine Doinel à l'occasion de la ressortie en salle des "Quatre cents coups", d'"Antoine et Colette", de "Baisers volés", "Domicile conjugal" et "L'Amour en fuite".
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