CAS N°1, CAS N°2

  • Iran
  • 1979
  • 48 min
  • VOST
  • Tout Public
  • Drame
  • Court-métrage
  • Recommandé par Lubna Playoust
  • Synopsis
Dans une classe, un élève chahute. Personne ne dénonce le coupable. Le professeur expulse sept garçons, dont le coupable, pendant une semaine. Cas numéro 1 : l’un d’entre eux finit par dénoncer son camarade. Cas numéro 2 : personne ne dénonce le fautif. Le cinéaste projette ces deux cas à des adultes et recueille leurs avis.
  • Notre avis
OEuvre à part dans la carrière d’Abbas Kiarostami, Cas n°1, cas n°2 débute pourtant dans l’un des lieux de prédilection du cinéaste : la salle de classe. Commencé comme une fiction, le film bascule ensuite dans le documentaire politique au dispositif toutefois atypique, puisque la matière cinéma vient ici nourrir la réflexion.

Le visionnage de ces deux saynètes va déclencher une prise de parole aussi bien chez les personnages de fiction (les pères des élèves) que chez des personnalités bien réelles, les dirigeants politiques et spirituels de ce pays qui vient de renverser la monarchie du Shah.

Chacun s’exprime librement sur ce cas de dilemme moral, sans que le cinéaste ne prenne parti. Instantané d’un entre-deux politique, où la diversité politique est encore de mise avant le rétablissement de la censure, Cas n°1, cas n°2 sera interdit juste après sa première projection. Il sera ensuite considéré comme le film majeur de la révolution.
  • Derrière la caméra
Toujours derrière ses lunettes fumées, le cinéaste iranien Abbas Kiarostami, disparu en 2016 à Paris à l’âge de 76 ans, cachait bien son jeu avec son air d’ascète : d’une profondeur existentielle rare, son œuvre est aussi incroyablement ludique. De ses premiers films pédagogiques ("Les Couleurs", "Rage de dents") jusqu’à ses photographies animées numériquement ("24 Frames"), en passant par ses anti-road movies entêtants ("Le Goût de la cerise"), l’artiste a expérimenté bien des médiums – cinéma, poésie, photographie, vidéo –, maniant l’art de la surprise et de la bifurcation avec la même malice que les enfants têtus qu’il a toujours aimé filmer.