UN HOMME PERDU

  • Drame
  • Comédie
  • Synopsis
Ce film a été sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs du Festival de Cannes en 2007

Danielle Arbid est d’origine libanaise et vit en France depuis sa jeunesse. Sa relation au Liban n'est pas simple, parce que ses films ont souvent maille à partir avec la censure. Trop politiques, la plupart sont interdits au moins de dix-huit ans. Un Homme perdu s’est même vu refuser totalement son visa d’exploitation. Qu’elle porte atteinte aux bonnes mœurs ou à la sécurité nationale, Danielle Arbid préfère en rire, considérant presque flatteur « d’être à ce point considérée dangereuse ».
  • Notre avis
Inspirée par le parcours et l’univers du photographe français Antoine d’Agata, dont l’œuvre sensuelle et noctambule est née du hasard des rencontres faites à travers le monde, Danielle Arbid signe un film qui, sous des dehors froids et minimalistes, questionne intelligemment les rapports qu’entretiennent mémoire, identité et corps, à travers la rencontre de deux hommes aussi différents que ressemblants (l’un a le verbe facile et des penchants voyeuristes, l’autre, quasi mutique, se fond dans des lieux qu’il traverse comme un fantôme).
Ralentis teintés d’étrangeté, dialogues empêchés, scènes de sexe exposées crûment dans des décors impersonnels… Sous influence du cinéma cryptique et érotico-mortifère d’Antonioni (Blow Up, Profession : Reporter), Un homme perdu matérialise avec force le caractère morbide du désir, le pouvoir malsain des images qui poussent ses personnages nomades dans leurs sombres retranchements. Débarrassé de toute idéalisation, très dépouillé et incisif, le film prend des allures de conte philosophique. « Voyager dans notre monde, c’est voyager entre les morts », formule joliment une femme que Koré rencontre dans la dernière partie. Ce qui sied parfaitement à ce récit en forme de perpétuelle fuite en avant.