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VAMPYR

  • Drame
  • Synopsis
David Gray arrive dans une auberge au crépuscule. Tout lui semble étrange. En pleine nuit, 
un vieil homme en robe de chambre surgit auprès de lui et lui confie un mystérieux paquet à n’ouvrir qu’en cas de décès. La vie de David bascule subitement. Il sort, suit des ombres, pénètre dans une maison abandonnée, y fait d’inquiétantes rencontres…

Le film est également disponible en DVD chez POTEMKINE.
  • Pour aller plus loin :
Inspiré par Carmilla et L’Auberge du dragon volant, deux romans de l’écrivain irlandais Sheridan Le Fanu, l’incontournable Vampyr (1932) marque pour Carl Theodor Dreyer la transition du muet vers le parlant.

Pour conter les mystérieuses déambulations d’Allan Gray dans le petit village de Courtempierre, situé dans le nord de la France, le cinéaste conserve les traditionnels cartons du cinéma muet, et opte pour une économie de dialogues. Deux choix liés au fait que le film a été tourné en trois versions simultanées : française, anglaise et allemande, avec des acteurs qui ne maîtrisaient pas bien les trois langues. 

Pour faire naître l’idée d’une lutte entre la lumière et l’ombre, Dreyer et son chef opérateur, Rodolf Maté, optent pour une image très contrastée. Mais lors du dérushage, les deux hommes se rendent compte qu’une étrange lumière grise s’est réfléchie dans l’objectif. Cet imprévu technique donne une image surexposée, presque inexploitable. Ils trouvent que ce fait du hasard colle bien à l’atmosphère du film. D’autant qu’il aurait coûté très cher de tout refilmer. Le cinéaste choisit de conserver cette lumière si singulière, qui fait tout le charme fantasmagorique du film.

Comme à son habitude, Dreyer tourne avec une majorité de non-professionnels. C’est le cas de l’acteur principal, le baron Nicolas de Gunzburg - crédité sous le pseudonyme de Julien West - qui deviendra coproducteur du film pour aider son financement. Ses déambulations hésitantes et son air parfois ahuri contribuent au sentiment d'irréalité qui enveloppe Vampyr.

Dreyer s’autorise également des prises de liberté formidables au niveau de la mise en scènedans ce qui deviendra l’un des films les plus importants du XXe siècle. On pense notamment à cette séquence d’enterrement filmée depuis le point de vue du mort. Mais ces prises de risque ne séduisent pas le public de l’époque. Le film est un échec commercial. Cette déconvenue éloigne le cinéaste des studios. Il ne reviendra que onze ans plus tard avec son fabuleux Jour de colère (1943). 
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Hugues Porquier, mk2 Curiosity